Dans le cadre de la Semaine du Handicap, édition 2025, le Comité des Femmes de la Fédération sénégalaise des Associations de personnes handicapées (CF/FSAPH) organise depuis hier un atelier de deux jours. L’événement est centré sur les violences basées sur le genre (VBG), la santé de la reproduction des femmes et filles handicapées, ainsi que leur protection sociale au Sénégal.

Lors de la cérémonie d’ouverture, la présidente du CF/FSAPH, Khady Bâ, a levé le voile sur l’ampleur alarmante des violences subies par les femmes et filles en situation de handicap. «Sur dix femmes violentées, huit sont des femmes ou filles handicapées, selon un rapport mondial. Elles subissent divers types de violences : psychologiques, physiques, économiques, sexuelles…», a-t-elle déclaré. Elle a insisté sur l’urgence de mettre en place des mécanismes d’orientation vers les structures d’accueil et d’assurer une prise en charge adaptée à leurs besoins spécifiques, notamment à travers la protection sociale.

Khady Bâ a également dénoncé les discriminations dans le domaine de la santé reproductive. «Lorsqu’une femme handicapée enceinte se rend dans une structure de santé, on lui demande souvent qui est l’auteur de la grossesse, comme si elle n’avait pas le droit d’avoir un mari. Les infrastructures sont inadaptées : les tables de consultation et d’accouchement sont trop hautes, et il est difficile de suivre la pyramide sanitaire», a-t-elle regretté. Elle a souligné que le plateau médical reste largement inaccessible aux femmes handicapées.

L’atelier est organisé avec l’appui du Réseau départemental des femmes pour la protection sociale en santé, dans le cadre de la mise en œuvre de son plan d’action. Ce réseau regroupe plus de 20 organisations dans le département de Guédiawaye.

Sa présidente, Ndèye Fatou Dione, a rappelé les nombreux défis à relever pour améliorer la prise en charge des personnes vivant avec un handicap, notamment en matière d’accessibilité, de communication et de soutien économique. «Nous les accompagnons, nous travaillons sur le plaidoyer et nous portons ce combat ensemble», a-t-elle affirmé. Elle a également appelé à l’application effective des textes et lois existants pour la protection des femmes handicapées.

Le préfet de Guédiawaye était représenté par Adama Maal, cheffe du service départemental de l’Action sociale. Elle a souligné que la mise en œuvre de la loi d’orientation sociale permettrait de résoudre de nombreux problèmes auxquels sont confrontées les personnes handicapées.

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