Aujourd’hui, la question du développement organisationnel ne peut plus être dissociée des dynamiques de décolonisation et de localisation de l’aide. C’est l’analyse d’Alioune Caty Dia, conseiller en développement organisationnel et coordonnateur des subventions de l’ONG International Budget Partnership (IBP). Selon lui, si on veut véritablement permettre aux acteurs locaux de porter eux-mêmes leurs causes, leurs projets, leurs visions du développement, il faut des organisations locales fortes, structurées et capables d’assurer une certaine pérennité à leur organisation.
Intervenant lors d’une cérémonie de remise de diplômes à de jeunes leaders issus d’organisations de la société civile, Alioune Caty Dia a souligné ce qu’il a fini d’appeler un paradoxe. Selon lui, beaucoup d’organisations reçoivent des financements pour leurs activités programmatiques, mais très peu pour renforcer leur propre structure interne. « Sans un renforcement de leur structure organisationnelle, elles sont vouées à stagner ou pire, à disparaître tout simplement. La plupart des organisations de développement au Sénégal souffrent de carences organisationnelles, notamment dans les outils de planification stratégique, de gestion financière, de ressources humaines et logistiques. Comment espérer structurer un plaidoyer ou porter une cause dans la durée, si l’organisation elle-même est fragile ? », S’interroge Alioune Caty Dia, conseiller en développement organisationnel.
Il explique que cette faiblesse structurelle est d’autant plus problématique que les bailleurs, dans un mouvement de décolonisation de l’aide, souhaitent désormais financer directement les acteurs locaux. « Les temps changent. Les bailleurs veulent travailler avec des organisations locales solides, capables de gérer des financements importants et de mettre en œuvre des programmes sans passer par des intermédiaires », renchérit le coordonnateur des subventions de l’ONG International Budget Partnership (IBP). Ainsi, dans sa logique de soutenir des projets de développement portés par des organisations locales, L’ONG IBP a mis en place une méthodologie structurée en quatre étapes simplifiées de cocréation, visant à renforcer durablement les capacités organisationnelles de ses partenaires, poursuit M Dia, « chaque organisation partenaire débute par un diagnostic organisationnel approfondi. Ce diagnostic permet de dresser un portrait clair de la structure, en identifiant ses forces, ses faiblesses, son historique, ses causes de plaidoyer, ses modes de gouvernance et ses valeurs. Deuxièmement, une série de formations et d’accompagnements ciblés est mise en œuvre. Celles-ci portent notamment sur l’accès à l’information, les procédures de gestion administrative et financière, la communication, le leadership ou encore la rédaction de projets. L’objectif est de permettre aux organisations locales de mieux se positionner face aux opportunités et aux enjeux de développement. Troisièmement, une subvention est octroyée à l’organisation pour mettre en œuvre son plaidoyer. Durant cette phase, IBP Sénégal déploie une assistance de proximité, impliquant des échanges réguliers entre partenaires, gestionnaires et agents de terrain. C’est un moment stratégique pour renforcer les plans d’action et consolider les partenariats. Enfin, la quatrième étape consiste en une évaluation participative du processus de renforcement. À travers des outils tels que les enquêtes citoyennes, les focus groups ou les récits narratifs, IBP recueille les perceptions des organisations et ajuste son accompagnement pour maximiser l’impact à long terme », conclut le coordonnateur des subventions de l’ONG International Budget Partnership (IBP).







