Avocats sans frontières Canada (ASF Canada) a franchi une étape cruciale dans la lutte pour les droits humains en organisant, hier à Dakar, un atelier de dissémination et de plaidoyer consacré à la Convention de l’Union africaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles (AUCEVAWG). Cet événement de deux jours a été réalisé en partenariat étroit avec la Rapporteuse spéciale sur les droits des femmes en Afrique, la Direction Femmes, Genre et Jeunesse de l’Union africaine, l’Envoyée spéciale de l’UA pour les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO).
Le rassemblement a mobilisé un panel diversifié comprenant des parlementaires, des représentants d’institutions nationales des droits de l’homme, des acteurs de la société civile, des agences des Nations unies et des experts de haut niveau. L’objectif principal de cette rencontre est de mobiliser les États africains afin d’accélérer les signatures et les ratifications nécessaires à l’entrée en vigueur effective de ce texte.
En plus de documenter les avancées concrètes réalisées sur le continent, l’atelier a servi de plateforme de sensibilisation pour transformer cet engagement juridique en réalité sociale.

La cérémonie a été présidée par Anne Cécile Coly, conseillère technique du ministre de la Justice. Lors de son allocution, elle a rappelé que la violence à l’égard des femmes et des filles demeure l’une des violations des droits humains les plus persistantes en Afrique et dans le monde. Elle a souligné que ces abus se manifestent sous des formes multiples, qu’elles soient physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques. Ces violences ne connaissent pas de frontières et touchent les victimes dans tous les pans de leur vie, de la sphère familiale aux lieux de travail, en passant par les écoles, l’espace numérique et les zones de conflit.
Face à cette réalité préoccupante, l’adoption de la Convention par l’Union africaine en février 2025 est saluée comme une avancée historique majeure. Madame Coly a expliqué que ce traité offre, pour la première fois, un cadre juridique continental spécifique et contraignant.
Ce dispositif vise non seulement à prévenir la violence et à protéger les victimes, mais aussi à poursuivre les auteurs de crimes pour bâtir des sociétés fondées sur la justice et l’égalité. Toutefois, la conseillère technique a insisté sur le fait que l’existence même de cet instrument juridique ne suffit pas. L’efficacité de la Convention repose sur une capacité collective à la faire connaître, à la ratifier et à l’intégrer dans les législations nationales. Selon elle, le succès de cette initiative dépendra de la mise en place de politiques publiques efficaces, de mécanismes de prévention solides et de services de prise en charge réellement accessibles et sensibles aux besoins des victimes.








