Pour contraindre les enseignants à arrêter la grève qui paralyse l’école sénégalaise depuis des semaines, le gouvernement du Sénégal procède à des ponctions de salaire. Elles varient entre 50 mille à un peu plus de 200 mille FCFA.
Le chargé de l’administration et de la communication de l’Union démocratique des enseignantes et enseignants du Sénégal (UDEN) n’y a pas échappé. Ibrahima Bathily Mbaye, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a vu son salaire coupé à hauteur de plus de 159 000 FCFA. Mais à l’en croire, la ponction de salaire ne saurait constituer une alternative à la crise que traverse l’école sénégalaise, paralysée par le mouvement d’humeur du G7.
« On s’y attendait car nous avons donné un coup KO à l’État, qu’on n’en reçoive aussi, ça ne nous surprend guère. Mais dire tout simplement que cela ne constituera pas une solution. La ponction des salaires ne fera qu’aggraver la situation » a martelé Ibrahima B. Mbaye.
Selon le chargé de l’administration et de la communication de l’Uden, les syndicats d’enseignants sont déçus car ils s’attendaient à se mettre autour de la table des négociations avec les autorités, pour discuter de manière sérieuse sur leur plateforme revendicative afin d’y apporter des solutions.
« La partie gouvernementale reconnaît même la légitimité de nos revendications. Maintenant, si l’État prend une autre attitude, nous ferons face car le syndicalisme, c’est l’épreuve de force » a martelé M Mbaye. Sur le principe de la ponction, beaucoup de syndicalistes ne sont pas contre. Ils s’y attendaient même. Mais c’est la manière qui les intrigue. La ponction étant encadrée, ils constatent que la législation du travail a été violée par les autorités. Selon eux, les seuils de ponction ont été largement dépassés. Mais les syndicalistes n’entendent pas se laisser faire.
« Nous ferons face jusqu’à la satisfaction de nos revendications, quoi que ça puisse nous coûter. Nous appelons les enseignants à la mobilisation car la lutte sera longue et rude » a-t-il laissé entendre.