» Trop c’est trop » semblent dire les sinistrés des inondations de 2006. Près de 20 ans après leur déguerpissement de leur maison, ils courent toujours derrière leur recasement.
Les sinistrés des inondations de 2006 des départements de Pikine et de Guédiawaye, regroupés au sein du collectif « Jot sa akhe » ont organisé, vendredi dernier, dans les rues de Jaxaay, commune du même nom, département de Keur Massar.
Selon Moustapha Ndong, coordonnateur du collectif, la marche de protestation vise à alerter l’opinion publique et les autorités sur leur situation qu’ils considèrent comme une injustice qui perdure depuis près de deux décennies.
« Nous sommes composé de 386 familles, soit plus de 3 000 personnes. Le collectif regroupe des citoyens dont les habitations ont été démolies en 2006 par l’État du Sénégal, dans le cadre du programme de lutte contre les inondations. Ces familles avaient reçu la promesse d’un recasement dans les zones de Jaxaay ou de Tawfékh Yakaar. Mais presque 20 ans plus tard, cette promesse n’est toujours pas respectée. Nous vivons aujourd’hui dans des conditions extrêmement précaires. Nous sommes confrontées à l’oubli, à la marginalisation et à l’indifférence » a martelé Moustapha Ndong, porte-parole du collectif.
La marche a mobilisé une foule nombreuse, composée de jeunes, de femmes et des personnes du troisième âge. Ils ont arboré des brassards rouges et brandissaient des pancartes sur lesquelles il était mentionné :
« Plan Jaxaay, une nébuleuse injustifiée », « Plan Jaxaay, 20 ans de promesse non tenue », « nous réclamons notre recasement », entre autres, slogans.
A les croire, il est important de rappeler que ce sont souvent les « Gorgorlous » (Les couches les plus modestes de la population) qui construisent dans les zones dites non aedificandi, faute d’accès à des terres viabilisées ou à des logements abordables.
« Ces citoyens, qui n’aspirent qu’à vivre dignement, ne doivent pas être abandonnés après avoir été sacrifiés pour des projets d’intérêt national ».
Le collectif « Jot sa akhe » appelle solennellement l’État du Sénégal à tenir ses engagements, à entamer un dialogue sérieux et à apporter une solution urgente, juste et humaine à cette situation qui n’a que trop duré.
Par Younoussa BALDÉ