Le réseau national des femmes engagées de Kédougou, le collectif And Tahawou Sunu Gox, le réseau des femmes africaines, des femmes investisseures et des femmes entrepreneures du Sénégal et leurs partenaires ont organisé ce week-end une conférence axée sur le thème : » L’opération du fonds d’appui au développement local pour l’autorisation des femmes et des filles dans le secteur minier et l’article 115. Et violences basées sur le genre « .
A cette occasion, la révision du code minier et l’opérationnalisation du fonds d’appui aux collectivités territoriales étaient au centre des débats « car dans son article 115, un montant a été alloué aux femmes. Mais il n’est toujours pas opérationnel. En tant des kédovines, en tant que femme, nous voulons que le code minier soit révisé, en y incluant le fonds d’appui des collectivités territoriales afin que les femmes puissent en bénéficier » a expliqué Mme Astou Sakho, Présidente nationale des réseaux nationaux des femmes engagées de Kédougou.
« Aujourd’hui, si nous parlons de l’or, nous pensons aux populations de Kédougou mais la pauvreté y sévit gravement. C’est la raison pour laquelle nous réclamons le fonds d’appui aux collectivités territoriales car les femmes sont les plus impactées par l’exploitation des ressources minières » a ajouté la présidente du collectif And Tahawou Sunu Gox et représente pays du réseau des femmes africaines, des femmes investisseuses et des femmes entrepreneures du Sénégal.
A l’en croire, le fond d’appui aux collectivités territoriales doit être disponible et remis aux femmes afin qu’elles puissent développer des activités pour les rendre autonomes et que les jeunes filles puissent bénéficier de bourses d’études. Cependant la présidente du réseau des femmes engagées de Kédougou déplore le fait que le montant du fonds ne soit pas disponible et défini.
« Ceci au moment où dans des pays comme la Guinée Bissau, le fond est opérationnel. Il est de 20 % pour les femmes et 10 % pour les filles. Mais au Sénégal, depuis le code minier de 2016, le montant n’a pas été défini et ça n’a jamais été opérationnel » a regretté Astou Sakho.
« Pendant ce temps, l’on nous parle de fonds générationnel. Nous voulons 20 % sur ce fonds, pour les femmes et 10 % pour les jeunes filles afin de s’aligner avec les pays de la sous-région comme ma Guinée Bissau » a plaidé la Présidente nationale des réseaux nationaux des femmes engagées de Kédougou. Parlant de la situation des femmes dans les zones minières, Mme Astou Sakho soutient qu’elles vivent dans la galère et la pauvreté.
« Elles ne sont pas autonomes et elles ne s’épanouissent pas. Le taux de pauvreté chez les femmes est de près de 62 % » a-t-elle martelé. Pour elles, la responsabilité sociétale des entreprises n’est pas visible dans les zones minières.