
La journée d’hier a été particulièrement éprouvante pour de nombreuses personnes handicapées contraintes de mendier dans les rues de Dakar. Une opération de ramassage menée par la police dans le centre-ville, dans le cadre de la lutte contre la mendicité, a conduit à l’interpellation de plus de quinze personnes handicapées, acheminées ensuite au commissariat central de Dakar.
Une situation qui a suscité l’indignation de Khady Bâ, présidente du Comité des femmes de la Fédération sénégalaise des associations de personnes handicapées (CF/FSAPH) et première vice-présidente de la FSAPH. Elle condamne fermement cette opération, qu’elle juge inappropriée et déconnectée des réalités sociales. «Nous dénonçons cette situation. Les autorités sont passées à côté de la plaque. Avant toute chose, il y a des préalables à respecter. Il faut d’abord s’attaquer aux problèmes d’éducation, d’accès à l’emploi, de santé et d’accessibilité aux infrastructures publiques et parapubliques pour les personnes handicapées», a-t-elle martelé.
Si Khady Bâ affirme ne pas cautionner la mendicité – interdite par la Constitution sénégalaise – elle appelle néanmoins à une approche plus humaine et structurée. «Nous ne cautionnons pas la mendicité. Elle est proscrite par notre Constitution. Mais l’État doit accompagner les personnes handicapées pour qu’elles sortent de la pauvreté, en garantissant leur droit à l’éducation, à la santé, à l’emploi et à un accès digne aux bâtiments publics. Elles ont droit à une vie décente», a-t-elle insisté.
Dans la même veine, la militante a interpellé les autorités sur la suspension des bourses de sécurité familiale, qui représentaient un soutien vital pour de nombreux bénéficiaires en situation de handicap. «Ces bourses, aussi modestes soient-elles, apportaient un réel soulagement. Leur suspension a aggravé la précarité de ceux qui en dépendaient», a-t-elle déploré.