Dans le monde entier, 4,8 millions d’enfants de moins de cinq ans n’ont pas célébré leur cinquième anniversaire en 2023 selon un rapport de l’Unicef qui précise qui, parmi ces millions de décès, 40% de ces décès qui sont pour la plupart évitables surviennent dans les régions de l’Afrique de l’Ouest et du centre.
La plupart des décès des enfants de moins de cinq ans sont évitables et les maladies qui causent ces décès sont guérissables. C’est l’assurance donnée par des techniciens de santé de renom à l’occasion d’un wébinaire de haut niveau, organisé par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé, de l’Environnement, Genre et Droits Humains, (REMAPSEN) en collaboration avec le bureau régional de l’Unicef Afrique de l’Ouest et du centre.
Un moment d’échange et de partage des données, des analyses et des témoignages de terrain sur les défis persistants notamment l’accès insuffisant aux soins prénatals, la mortalité évitable des nouveau-nés, ou encore les inégalités géographiques et sociales.
Un rendez-vous virtuel dont l’un des objectifs est d’informer et de sensibiliser les journalistes membres du REMAPSEN sur l’importance de leur implication dans la promotion de la santé des mères et des nouveau-nés dans la région.Débutant la série des présentations, le Dr Tomomi Kitamura, spécialiste de la santé au bureau régional de l’UNICEF rappelle les principales causes de décès infantiles qui sont entre autres le paludisme, les infections respiratoires ou pneumonie, la diarrhée, les naissances prématurées et l’asphyxie à la naissance.
Pourtant toutes ces maladies qui endeuillent les familles sont facilement évitables et traitables. Le Dr. Kitamura confirme : « Pour assurer la survie de l’enfant malade à la naissance ou de faible poids, on a besoin des soins essentiels, une prise en charge intégrée des maladies néonatales et une bonne surveillance pour le bébé qui est né avec l’asphyxie ou prématuré.
Cette prise en charge doit se faire à tous les niveaux du système de santé : de l’hôpital au niveau communautaire. » A-t-elle précisé. Dans la seconde communication présentée par le Pr. Mariam Sylla du Chu Gabriel Touré de Bamako au Mali, les dizaines de participants avaient l’opportunité de découvrir ce qui signifie Soins essentiels au nouveau-né (SENN).
Selon le Pr. Sylla qui est par ailleurs la Présidente des Pédiatres Francophones, « Les SENN représentent un ensemble de soins préventifs ou curatifs planifiés et mis en œuvre correctement avant la grossesse, pendant la grossesse, pendant l’accouchement et pendant la période néonatale, dans le but de garantir une survie de qualité au nouveau-né.» Renseigne-t-elle avant de souligner que l’objectif du SENN est pour avoir un bébé en bonne santé et une mère souriante.
Pour atteindre cet objectif, le Pr. Sylla ne manque pas d’énumérer les différentes étapes à franchir. Il s’agit des consultations prénatales avec tous les services offerts comme la vaccination de la femme, la prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant (PTME) du paludisme, entre autres. Il y a aussi une étape importante qui est la préparation à l’accouchement avec tout ce qu’il comprend comme paquet de services. Une étape aussi importante pour optimiser la vie de l’enfant, c’est selon le Pr. Sylla, l’ensemble des gestes et des actes à accomplir au moment de la naissance jusqu’à six semaines de vie.
Quant au troisième intervenant, le Professeur Moctar Faye, vice-président de l’Association néonatale africaine, il a indiqué que la prise en charge des nouveau-nés malades et de petit poids à la naissance reste une préoccupation majeure mais beaucoup de nos structures ne disposent pas d’équipement « Le manque de soins aux nouveaux nés malades et à faible poids favorisent leur décès.
Les naissances prématurées et les infections que l’on n’arrive pas à prendre en charge convenablement dans nos pays nécessite d’agir en urgence en créant des unités de néonatologie de soins intensifs spécialisés dans certaines structures de santé » Et le Pr. Faye de citer la méthode Kangourou qui est une pratique qui consiste à mettre le nourrisson peau contre peau avec un de ses parents.