L’Assemblée générale des ainés de l’Union démocratique des enseignantes et enseignantes du Sénégal (UDEN) s’est tenue ce week-end passé au siège de l’Uden à Parcelles assainies. L’ancien secrétaire général dudit syndicat Mamadou Diop Castro a été porté à la tête de cette structure.
« C’est un vieux projet que nous n’avions pas pu réaliser quand nous étions aux affaires. La nouvelle génération a saisi la balle au rebond et est arrivée aujourd’hui à tenir l’assemblée générale des personnes âgées de l’Uden » s’est félicité M Diop. L’ancien tonitruant syndicaliste, à la retraite aujourd’hui, a révélé que cette idée figurait dans les objectifs du syndicat depuis le 6ème congrès de l’Uden.
Cette structure est un cadre d’échange, qui va dérouler un programme d’accompagnement de l’Uden dans la formation, l’animation, dans l’éducation syndicale, dans la résolution des conflits, dans la négociation collective « car le rêve a toujours été de faire participer les anciens à côté des jeunes, pour la prise en charge des préoccupations des enseignantes et des enseignants » a-t-il soutenu.
« Il ne s’agit pas de conflit de génération mais d’une solidarité des corps et des générations. » a ajouté M Diop dit « CASTRO ». Mamadou Diop Castro s’est aussi réjoui du fait que le flambeau de l’Uden est bien tenu par la nouvelle génération. Cependant il rappelle à ses derniers qu’un syndicat doit être autonome.
Nous rendons hommage à nos aînés qui ont cultivé en nous l’amour du syndicalisme. Tous les enseignant-e-s, conscients ou non, doivent beaucoup aux pionniers du syndicalisme autonome. Tandis que d’autres optaient pour une « participation responsable » souvent synonyme de promotion, d’accès aux postes de responsabilité, certains ont sacrifié leur carrière et leur tranquillité familiale pour défendre la dignité des enseignant-e-s, en luttant pour de meilleurs statuts, des salaires décents, et plus de mobilité. Ah, si les jeunes savaient combien de luttes ont été nécessaires pour chaque ligne de leur bulletin de salaire ! Des enseignants comme Castro ont subi des mutations arbitraires, passant d’un poste à l’autre en quelques jours d’intervalle, juste pour les gêner. Certains postes étaient à l’époque synonymes de sanction. Trois à quatre décennies plus tard, ils sont encore déshérités, mal desservis et difficiles d’accès. L’abnégation et le sens du sacrifice dont faisaient montre les aînés demeurent incommensurables.