Au lendemain du congrès avorté de l’UNSAS, la coalition majoritaire dite de la restauration et du renouveau tenait ce lundi une conférence de presse. Rien de plus normal, en somme, que de revenir sur ces derniers jours marqués par un véritable déni démocratique : un vol subi par la base, à laquelle on a imposé un non-congrès, un refus catégorique de renouveler la direction de la centrale.
Ironie du sort : pendant que nos leaders échangeaient avec la presse, entourés de quelques dizaines de militant-e-s dakarois-e-s, se tenait l’installation du comité de suivi du Pacte de stabilité sociale, en présence de toutes les centrales. Et c’est, toute honte bue, les mêmes camarades — qu’on veut encore croire tels —, les artisans de la mascarade du millénaire, qui représentaient l’UNSAS à cette rencontre !
Ceux-là mêmes qui, par manque de noblesse d’âme et d’esprit chevaleresque, ont refusé, au dernier moment, de dérouler le congrès dans ses étapes décisives : pas de travaux de commission, pas de bilan moral ni financier, pas de résolutions, encore moins d’élection. Le congrès s’est donc réduit à une simple cérémonie d’ouverture, suivie d’une longue « pause » — ou plutôt d’une annulation pure et simple.
Et pour quel motif ? Parce qu’ils avaient compris, malgré les tripatouillages et le gonflement des quotas selon les affinités syndicales, qu’ils allaient être laminés par la grande coalition ! Cette ancienne équipe, disqualifiée par son propre comportement pusillanime, a préféré se terrer comme des rats dans leurs chambres d’hôtel, sans oser montrer le bout du nez durant la journée décisive du samedi, dans la salle du King Fahd Palace. Ce sont pourtant ces mêmes personnes, sans légitimité ni honneur, qui se sont présentées à la cérémonie d’installation du comité de suivi du Pacte social.
Rappelons qu’ils avaient déjà signé ce Pacte contre l’avis de la base, dans un forcing peu glorieux, engageant indûment la signature de notre centrale. Nous avions alors choisi de ne pas en faire un cas, convaincus que seule l’absence de motifs de lutte pouvait justifier le silence — or nous en sommes bien loin aujourd’hui.
Certes, un gouvernement est toujours bien informé. Mon ami et compagnon de longue date, Mamadou L. Diante, président du Haut Conseil du dialogue social, faisait d’ailleurs partie des médiateurs, qui ont tenté en vain de nous vendre divers scénarios visant à maintenir la « dame malléable » à la tête de la centrale pour une hypothétique transition (vers quoi, d’ailleurs ?). Mais le gouvernement reste libre de se fourvoyer et de considérer que des individus sans mandat, sans crédibilité et sans légitimité peuvent parler et agir au nom de l’UNSAS.
La vérité du moment est simple : la centrale est en vacance de direction.
Toute tentative de prétendre le contraire n’est que poudre aux yeux.
À bon entendeur, peu de mots suffisent !
Issa FAYE, membre du BEN de l’UDEN







